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Colloques

L’Hérédité à la fin du Moyen Age

MàJ : 04/09/2013

Argumentaire

L’historien peut aborder cette problématique sous au moins trois angles différents. Si l’on part du vocabulaire médiéval, il s’agit de se demander quelles sont les notions recouvertes par des termes comme hereditas, hereditarius, heres, successor, innatus (ou leurs équivalents en langues vernaculaires) dans différents domaines du savoir. Le sens de ces termes évolue-t-il au cours du temps ? Un deuxième point de départ possible est constitué par le concept actuel d’hérédité, en tant que détermination ancrée dans le génome, et opposée à l’influence de facteurs socio-culturels. Il est évident que le Moyen Age ignore tout de la génétique et n’a pas de discours unifié sur l’hérédité, mais on peut se demander à quel point l’on retrouve, mutatis mutandis, dans la science médiévale l’idée d'une transmission physique des caractéristiques des personnes. Le cas échéant, quel est le vecteur de cette transmission (le sang, la semence) ? Enfin, on pourrait considérer l’hérédité plutôt comme l’un des facteurs parmi d’autres qui déterminent les caractéristiques physiques, psychologiques et socio-culturels d’individus et de groupes. Il s’agirait alors de s’interroger sur l’importance relative de l’hérédité par rapport à ces autres facteurs (nourriture, astres, climat, éducation, travail).

Quelle que soit l’approche choisie, il convient de s’interroger sur l’étendue de l’hérédité : les savants médiévaux l’envisagent-ils essentiellement comme la transmission entre parents et enfants, ou est-ce que cette transmission englobe plusieurs générations ? Les passages et les analogies (dans les deux sens) entre les théories de la reproduction biologique et les règles de la transmission des biens méritent également de retenir l'attention. Il serait aussi intéressant de mettre en lumière les moments et les circonstances où l’hérédité, au lieu d’être un simple argument, acquiert une valeur normative permettant de justifier ou d’expliquer les privilèges et les exclusions. De manière plus générale, il s’agira d'évaluer la pertinence de l’hypothèse de travail d’une importance accrue de l’hérédité vers la fin du notre période, annonçant et préparant les idéologies et pratiques du début de l'époque moderne (rêveries du sang bleu, limpieza de sangre etc.)

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